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  Naissance



- présentation de l’exposition
-
quelques traditions de naissances dans le monde
- la
place du nourrisson dans diverses cultures
- la
naissance chez les animaux
- la
natalité dans le monde
         quelques chiffres clés du monde actuel
         historique de la natalité
         dangers liés à la notion de natalité
- un
enfant : une responsabilité autant pour le mettre au monde que pour assurer son avenir
- les
métiers autour d’une naissance
- les
prénoms du monde
- initiation à la
généalogie
- petits
jeux

 

  Présentation de l’exposition

L'exposition qui a lieu au Musée de l’Homme, a pour objectif de retracer, en trois grandes étapes, le déroulement de la naissance :

- L'accouchement : venue au monde du bébé
- Autour de la naissance : rites et soins à la mère et au nouveau-né, à la naissance et pendant les premières semaines qui suivent.
-  La naissance sociale : dation du nom, annonce de l’événement, visites et cérémonies qui intègrent le nouveau-né à sa communauté.

Ces étapes sont montrées à travers

- l'évocation des lieux où elles se passent,
- la présentation des objets qui les accompagnent,
- les images des gestes, des relations et des pratiques qu'elles génèrent,
- les témoignages de la mère et de son entourage proche : le père, la sage-femme, le médecin accoucheur, la famille (frères, sœurs, grands-parents).

L'exposition, qui a pour cadre la naissance aujourd'hui en France, amènera ses visiteurs à comprendre - par la connaissance et par l'émotion - que les différentes pratiques culturelles qui coexistent ici aujourd'hui redisent, chacune à leur façon, le sens partagé que la naissance a pour tous les êtres humains.

Son objectif est de constituer un miroir où se croisent
- naissances d'aujourd'hui et naissances d'hier,
- pratiques en vigueur ici en France métropolitaine avec traditions culturelles de personnes issues d'ailleurs (Maghreb, Afrique de l’Ouest, Vietnam, La Réunion).

Tant par réalisme muséographique que pour préserver la qualité des contenus, l'exposition se garde d'être un catalogue d'exotismes : le nombre de cultures prises en exemple est limité. La plupart de ces cultures correspond à des migrations qui ont marqué la deuxième moitié du 20ème siècle en France.

Les présentations exposées :

Elles associeront

Des objets
Anciens et contemporains, usuels ou exceptionnels. La mise en valeur d'objets courants (nourritures, layette, faire-part...) fera écho à l'histoire intime du visiteur.

Des images fixes
Photos, reproduction d'iconographie ancienne, illustrations.

Des images animées
Extraits de documentaires ethnographiques ou historiques, imagerie médicale, fictions, voire vidéo d’amateur.

Des artefacts (dispositifs créés spécialement pour l'exposition)
Fixes ou animés, ils sont là pour stimuler la curiosité, le plaisir ludique, pour varier le mode d'appréhension des messages et répondre à la diversité des publics.

Des sons
Des ambiances sonores ponctueront les différentes étapes de l'événement.
Des témoignages mettront des mots sur ce que l'exposition montrera. Ils seront diffusés par le biais « d'audio-guides », conservant ainsi l'intimité des paroles, porteuses d'émotion.



Quelques traditions de naissances dans le monde

Même si nous provenons tous du même endroit, il existe plusieurs façons de venir au monde, aussi bien au sens propre, qu’au sens figuré. Naître sur terre ou dans l’eau selon la pratique, naître dans une rose ou dans un chou selon les histoires populaires,… naître est entouré depuis la nuit des temps de traditions et de fables. Parfois sociales, symboliques ou religieuses ces coutumes et ces légendes s’entrecroisent et sont toujours emprunt au mystère, aux dangers et à la beauté que recèle « l’acte du premier souffle» : la naissance.

Les pratiques de mise au monde

La Naissance est le « commencement de la vie indépendante pour un être vivant, au sortir de l’organisme maternelle ». Ceci est la définition d’un dictionnaire. Mais y’a-t-il une seule et unique façon de mettre au monde ?
Pour répondre à cette question, nous avons écouté les explications de Gynécologues* mais également des récits de parents. Explications et récits que nous vous livrons ci après…

Accouchement au XVIIIème siècle

Tout d’abord, il faut savoir que le terme « accoucher » vient du mot « couche », c'est-à-dire l’endroit où dormirait le nourrisson, le lit en quelque sorte. L’accouchement peut se produire (dans les meilleures conditions) à terme, qui correspond à 280 jours, ou de façon prématurée, c'est-à-dire entre le 180ème et le 270ème jour.
L’accouchement peut se dérouler de façon eutocique ou dystocique. C'est-à-dire sans problème ou malheureusement, en rencontrant des difficultés (émanant d’une anomalie maternelle ou fœtale).
Ensuite, concernant les méthodes d’accouchement, nous pouvons citer l’accouchement naturel, dirigé,
Mais pour naître, existe-t-il plusieurs façons ? La maman n’a-t-elle pas le choix entre plusieurs possibilités ?
Et bien si, plusieurs options s’offrent aux futurs parents.
La plus « classique » et la plus répandue en France, est la méthode qui consiste à se rendre en clinique ou en hôpital dès que les contractions* (signe d’un accouchement imminent) deviennent très rapprochés les unes des autres. La mise au monde se passe ainsi dans une salle d’accouchement, la future maman assise sur une chaise d’accouchement et accompagnée de sages-femmes et de médecins le cas échéant.
L’accouchement non assisté à la maison est également l’une de ces options. Une sage-femme se rend disponible à domicile pour aider à la mise au monde, mais aucune intervention (à part en cas de nécessité bien sûr) médicalisée n’est prévue.

Exemple d’échographie

Une autre méthode assez récente, compte tenue de l’histoire de l’humanité, consiste à limiter les souffrances lors de l’accouchement. On appelle cela l’accouchement psychoprophylactique ou dit « sans douleur » qui repose sur des méthodes de relaxation variées et sur la respiration.
Il nécessite un apprentissage débutant vers le 6ème mois et prodiguée par les sages-femmes.
Pendant le travail, ce sont surtout les exercices respiratoires qui seront utiles, calquées sur la respiration instinctive des animaux mettant bas (la chienne en particulier).
Mais une autre méthode pour éliminer la douleur existe, mais de façon artificielle.
Il s’agit de la péridurale qui consiste à insensibiliser la partie inférieure du corps de la future maman, qui reste pourtant consciente. Cette pratique a été développée depuis la fin des années 70.
Enfin, nous pouvons également vous parler d’une méthode de plus en plus plébiscitée par les nouvelles générations de femmes enceintes, l’accouchement dans l’eau. On la définie comme plus humaine et plus confortable. Dans un premier temps, lorsque les contractions deviennent douloureuses, la future maman se plonge dans un bain à environ 37° (bain de dilatation) qui a un effet antispasmodique (qui diminue les spasmes) et relaxant. L'accouchement aquatique se fait dans une baignoire transparente à l’intérieur d’une salle spécialement aménagée pour suggérer une totale décontraction et éviter le rappel de la médicalisation. La future maman peut choisir d'expulser son bébé hors de l'eau ou bien, si elle s'y sent bien, elle peut accoucher dans l'eau.

Au Vietnam, il existe une pratique ancestrale pour masser le bébé.
Les premiers jours et jusqu’à ce que le bébé manifeste ses mouvements spontanés, il est recommandé de caresser le visage par des mouvements de lissage et de masser le corps entier en le prenant partie par partie en pleine main. Il s’agit de gestes de striction comme pour affermir les muscles et les coller aux os et à la peau, et concilier les parties molles et dures avec ses enveloppes.
Il est étonnant de constater comment le bébé vit cela en regardant fixement le manipulateur. On peut croire que cette pratique a une fonction d’intégration psychosensorielle, une sorte de sensualité primitive qui assure une unité psychomotrice constructive des premiers schémas corporels. Cet exercice peut se faire aussi dans l’eau, souvent par une douche ou une douchette au Vietnam et dans un bain quand on a les moyens. Certaines familles passent par des sortes d’enveloppement avant de donner une douche et un bain.
« Mùi » qui veut dire littéralement odeur, renvoie à une atmosphère de sensualité attachante. C’est un vocable employé entre amoureux. Il est habituel que le bébé reconnaisse et s’attache à l’odeur de sa maman. On ne parfume pas l’enfant. L’équivalent du baiser occidental est le sentir, qu’on a parfois étiqueté péjorativement d’activité « psychotique » de reniflage, déclenchant par ces mots, des interprétations et des conduites erronées.

L’usage du talc est venu avec le soin moderne du nourrisson. Cette poudre donne une peau blanche, douce et parfumée. Cet usage est abandonné au Vietnam à cause du climat mais maintenu en exil par certaines mères qui répètent ce qu’elles avaient connu autrefois.
 

* Le Gynécologue est un médecin spécialisé dans l’organisme de la femme et de sa physiologie.
Il, ou elle, renseigne et conseille les jeunes filles et les femmes sur les indications et contre-indications liés à leurs organes génitaux, suit la future maman pendant la période de grossesse et peut accompagner cette dernière à mettre au monde le moment venu.


* Une contraction est une stimulation musculaire (au niveau du ventre) qui intervient quand le bébé « pousse » pour sortir. Elles sont esseulées et épisodiques lors de leur apparition, mais plus le jour J puis l’heure H approche et plus elles sont nombreuses, rapprochées et puissantes.

Les légendes autour de la naissance

N’avez-vous jamais entendu dire qu’un garçon naissant dans les choux et les filles dans les roses ?
Cette histoire, qui n’est pas la seule fable liée à la naissance, servait à nos aïeuls à se faciliter la tâche quand un enfant, plein de curiosité et de naïveté, lui posait la question « mais d’où vient on ? ». A l’époque, les mœurs étaient moins libérés qu’aujourd’hui et il n’était pas d’usage d’expliquer le principe de la sexualité aux enfants, voire même aux adolescents.

En France, dans la région de l’Alsace, par exemple, une autre légende est perpétuée depuis la bouche des grand-mères jusqu’aux oreilles de leurs petits enfants.
Ainsi, les enfants alsaciens viendraient du « puits à enfants ». Les âmes des enfants demeurent dans ces puits, également reconnus pour leur vertu de fertilité, en attendant d’être incarnés dans un corps de nouveau né.
La Cathédrale de Strasbourg est connue pour posséder un puits à enfants, appelé « Taufbrunnen » (« puits à baptiser » en langue germanique). Un lac souterrain sous plomberait le monument, sur lequel naviguerait sur son embarcation un gnome avec une longue barbe blanche. Les femmes souhaitant tomber enceinte passeraient commande au puits en lui murmurant leur désir, puis le gnome choisissait le bébé en attrapant à l’aide de son épuisette l’âme de celui qui allait naître.

C’est à ce moment là que la fameuse cigogne, à qui l’on attribue une mission plus importante dans sa légende « grand public », entre en scène pour transporter le bébé du puits à enfants vers on nouveau foyer.
Son rôle ici ne limite qu’à l’acheminement du « colis » d’un point à un autre. Elle est même remplacée par un chat selon les localités.
Alors que dans la légende bien plus diffusée, la cigogne accomplit un travail de coursier mais aussi de sélection des bébés pour ne surtout pas livrer ces derniers à une mauvaise destination. Ce qui impute à la cigogne une sacrée responsabilité !

D’autres pays font briller la naissance de petites histoires ou de coutumes.
En Italie par exemple, la « camicino della fortuna » qui correspond à une petite chemise en soie brodée, est offerte à la jeune maman quand elle annonce qu’elle attend un enfant. Cette chemise miniature exprime un vœu de bonheur et d'opulence. On peut ici faire un parallèle avec l’expression Française "naître coiffé" qui signifie naître avec un bout de la membrane amniotique collée sur la tête qui est considéré comme un présage de bonheur pour l’enfant.
Toujours en Italie, un ruban noué sur la porte par le mari est destiné à accueillir la maman et le bébé au retour de la maternité et avertir les voisins. Il est bleu pour les garçons et rose pour les petites filles.

Aux Etats-Unis, une soirée bizutage attend le futur papa, dans l’attente de la maman encore à la maternité. Le "baby shower" est une petite soirée entre amis pour vérifier que monsieur s’est bien préparé à son nouveau rôle. Quelques questions et quelques exercices pratiques comme de faire mettre une couche les yeux bandés à un poupon…

A Hong Kong, pendant la période de confinement de la mère et de l’enfant qui dure environ un mois après la naissance, seule la famille très proche peut troubler ce moment fusionnel entre la mère et son bébé. Les grands-mères et grandes tantes ne manqueront pas d'apporter de la soupe de poulet qui aide la maman à récupérer mais aussi à offrir un lait bien riche au nourrisson.

En Chine, les cadeaux de naissance traditionnels sont en or ou en jade. L'or, valeur refuge protège contre les mauvais esprits et le jade lui, protège contre les accidents physiques. Mais attention de ne surtout ne pas ouvrir le paquet devant l'offreur, cela serait interprété comme une impolitesse !

En Irlande, une histoire traditionnelle est appelée « LA CHAUSSEE DES GEANTS »
Elle raconte qu’il y a bien longtemps, la Terre était peuplée de géants. Il existait en Ecosse un géant nommé Banandonner qui était le chef de clan des écossais. Il était le rival du chef de clan Irlandais Finn MacCool, géant, valeureux, mais cependant de taille inférieure.

Banandonner construisit une immense chaussée entre l’Ecosse et l’Irlande afin de pouvoir venir affronter son adversaire à pied sec. Finn MacCool guetta son arrivée de loin et s’aperçu que son rival était beaucoup plus grand que lui. Effrayé, il n’envisagea même plus de combat. Il chercha alors une ruse pour le faire fuir. Il pria sa femme Oonagh de lui tailler une tenue de nouveau né. Ainsi vêtu, il s’installa dans un landau qu’il avait fabriqué à sa taille.

Quand Banandonner mit le pied en Irlande, la première chose qu’il vit fut un énorme nourrisson. Imaginant la taille de son père, il prit peur et s’enfuit en s’empressant de détruire la chaussée de peur que de tels géants envahissent l’Ecosse.

Sources :
http://www.gsa.fr/tradi.asp
http://naissancealsace.canalblog.com/archives/0_accueil/index.html

 

Les rites & coutumes autour du nourrisson

En Alsace (France), tout comme les légendes, existent des coutumes liées aux préparatifs de la parturition (l’accouchement), ou le rituel magico-religieux entourant la naissance.
D’après les aïeux, la période de l’accouchement est l’un des instants où la mère et l’enfant sont les plus vulnérables. Ils sont des proies faciles et convoitées des forces maléfiques. Les croyances populaires prenaient alors place pour protéger ces deux êtres.
La maison de la future parturiente était l’objet de tous les systèmes de protection contre le malin. On traçait à la craie, ou au charbon, un cercle autour de la chambre de l’accouchée ou de son lit. On pouvait aussi utiliser un long couteau afin de décrire des cercles magiques de vie autour de l’accouchée. Le métal du couteau permettait de mettre en échec les démons. Il arrivait aussi que le père ou la sage-femme dessine le Drudenfuss (pentagramme ou étoile à cinq branches) sur la porte d’entrée ou sur le linteau de la cheminée.
Cette pratique avait pour but d’éloigner le malin, mais d’autres rites animaient d’autres objectifs, comme la reconnaissance du père vis-à-vis de l’enfant. Cette importance de la reconnaissance vient de l’antiquité romaine. Ainsi, une légende celtique racontait même que le père qui doutait de sa paternité, posait le bébé sur un bouclier déposé sur le Rhin. Si l’enfant était légitime, le bouclier devait flotter, sinon… les flots s’occupaient de l’enfant illégitime.
Cet acte se déroulait juste après la naissance. Généralement, la sage-femme, après l’accouchement, posait le nourrisson par terre ; le père devait alors le ramasser et le remettre à la sage-femme afin qu’elle puisse le nettoyer et l’emmailloter dans un linge, faisant ainsi acte de reconnaissance.

Au Vietnam, une coutume prévoit que très tôt, à la naissance, le bébé reçoit au poignet, un fil en général tressé. On utilise le même fil de couture qui sert à assembler les pièces de tissu pour confectionner un vêtement. Ce qui le distingue de la ficelle pour empaqueter par exemple.

Ce symbole d’attachement a plusieurs significations dans une région où la mortalité infantile est grande. Il est important, en effet, qu’à la naissance le fil attache l’esprit et le corps en une seule entité pour démarrer une existence. En général, on considère l’esprit comme le fait d’une réincarnation qui trouve sa forme, sa formalisation, dans le corps bâti à partir du corps de la mère au long de la grossesse. Le nouveau-né à sa naissance est âgé d’un an. La vie commence dès la conception dans le mental (l’imaginaire et le symbolique) des parents. Cette vie devient existence déclarée quand la grossesse devient visible (être grosse). C’est la notion de viabilité qui se distingue de celle de la vitalité. Un certain nombre de femmes asiatiques ne s’inscrivent à une maternité qu’à partir du moment où « cela » apparaît visible (ou vivable=nausées), pas au moment où un test de pharmacie lui déclare l’état.

C’est un acte de naissance et de reconnaissance symbolique que les parents accordent au nouveau-né. Le fil remplit une fonction de lier ce que nous nommons l’enfant réel et l’enfant imaginaire, par rapport à l’enfant enfin là comme le symbole représentable de la perpétuation d’une filiation. Dans la religion bouddhique, l’esprit prend source incontestablement dans le karma informe des générations précédentes qui le lui lèguent comme l’héritier méritoire. Le nourrisson en bonne santé, sans handicap, témoigne d’un bon karma grâce aux réalisations éthiques des générations anciennes.

Chez les Wayapi de Guyane, voici une coutume qui va plaire à de nombreux futurs papas !
Le père reste immobile dans son hamac pendant les trois jours qui suivent la naissance de son enfant, afin d’attirer l’attention des esprits maléfiques qui se détourneront ainsi du nouveau-né.

Dans certaines régions d’Inde, les parents barbouillent de charbon ou de cendres le front des nouveau-nés car le noir repousse le mauvais œil et effraie les esprits malfaisants. Dans de nombreuses cultures, les bébés portent des amulettes, des bracelets ou d’autres liens qui sont censés les retenir ici-bas.

Autre exemple, un rite Aborigène d’Australie consiste à purifier les poumons et la tête des nouveau-nés par la fumée : la grand-mère du bébé le fait passer au-dessus d'un feu composé de marrons d'Inde.

On trouve au Kenya, en Nouvelle-Calédonie et à Sumatra un autre exemple de pratiques traditionnelles utiles : les mères se remplissent la bouche d’eau, qu’elles recrachent ensuite sur leur enfant pour le laver. Chez les Masai, les mères arrosent leur enfant d’un jet énergique tandis que chez les Batak de Sumatra et les Wayapi de Guyane, l’eau est projetée de façon plus diffuse. Les techniques d’aspersion varient, mais dans tous les cas, les enfants sont lavés à l’eau tiède.

Chez les Baules de Côte d’Ivoire, les enfants en bas âge sont baignés deux fois par jour et nettoyés vigoureusement à l’eau chaude et au savon, à l’aide d’une éponge végétale. Après l’avoir lavé et rincé deux fois, la mère allaite le bébé en pleurs, pour le calmer. Ses hanches et ses épaules sont ensuite massées et de légères pressions lui sont appliquées à la tête. On l’enduit de crèmes, on le poudre, on l’asperge de parfum et on lui applique du kaolin, une argile douce de couleur blanche. A ce stade de la toilette, le bébé est généralement calme et a les yeux grand ouverts. Une fois le rituel terminé, le bébé — alerte, actif et éveillé mais parfaitement calme — est habillé et un membre de la famille le prend dans ses bras.

D’autres pratiques portent sur l’existence en elle-même de l’enfant. Dans certains pays d'Asie par exemple, tous les enfants sont nommés à la naissance : «petite souris». Ce n'est qu'à l'âge de 6 mois qu'on lui donne son prénom définitif. Dans cet esprit là, il y a une volonté de ne pas nommer «ce qui n'existe pas encore». On laisse l'enfant affermir ses traits, son caractère, sa façon d'être. Même s'il est encore très jeune, il commence à être un individu à part entière et ce n'est qu'en fonction de ce qu'il montre de lui qu'on lui choisit son prénom. La part subjective en est considérablement réduite, le prénom ne reposant plus sur une idée de l'enfant que l'on va avoir, mais sur l'enfant lui-même. On laisse même le choix à l'enfant, en lui énumérant des prénoms, on regarde comment il réagit à l'énoncé de chaque, on attend un signe d'acceptation. Partant du principe qu'il comprend la démarche, ce qui n'est pas encore le cas dans notre société, c'est lui qui a le libre arbitre, tout signe, infime soit-il est alors réinterprété par l'entourage.

Dans certaines traditions arabes, le choix du prénom intervient au 7ème jour après la naissance, jamais avant.

Dans la tradition Vietnamienne, la double dénomination (2 prénoms) servait aussi à tromper un mauvais génie qui pourrait, en passant par-là, emporter l’enfant encore fragile en entendant son beau nom. Le nom donné à l’enfant revêt en général une signification, une qualité morale ou bien c’est le nom d’un élément de la nature dont la littérature en fait un symbole. Au Vietnam qui est un pays tropical, le nom Tuyết qui veut dire neige, est donné en référence à sa blancheur comme un symbole de pureté et de netteté telle que la littérature d’inspiration chinoise rapporte.
Cette double qualification installe donc chez l’enfant l’apprentissage du repérage des espaces privés et publics, le ressenti vécu réel de la famille de sa place et l’aspiration individuelle comme un projet de vie dans le social. Souvent, à l’adolescence, seul le nom officiel reste parfois à côté du numéro du rang. Cette manière de faire permet de mettre une distance avec le milieu extérieur qui peut être hostile.

En Russie, l’âme de l’enfant a une signification et une « révélation » particulières.
Les croyances paysannes donnaient différentes versions concernant le moment de l'apparition de l'âme en l'homme. Parmi celles-ci, l’une des plus répandues racontait qu’un ange mettait l'âme dans le nourrisson alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère. Aussitôt l'enfant commençait à bouger et, dans la seconde moitié de la grossesse, le foetus pouvait être considéré comme animé. La mère proclamait avoir alors deux âmes en elle.

Au Vietnam, une tradition entreprend de dessiner la beauté du caractère de l’enfant.
Dès les premiers moments, la mère (ou la grand-mère) trace avec la queue d’une feuille de bétel, la ligne des sourcils. Il est bon qu’elle le fasse d’un seul trait, à main levée, dans un geste assuré comme porteur de l’entière confiance que l’évènement requiert. La tradition indique que c’est la manière de dessiner la beauté future du visage et de donner les traits visibles de la personnalité de l’enfant. La feuille de bétel ressemble à la feuille de l’arbre «bodhi » au pied duquel bouddha prêcha l’éveil, elle a la forme stylisée d’un cœur.

Sources :
http://naissancealsace.canalblog.com/archives/0_accueil/index.html
http://www.unicef.org/french/sowc01/panels/panel5.htm
http://www.psychopsy.com/tdm.html
http://perso.wanadoo.fr/geza.roheim/html/luong3.htm


Bien entendu, vous retrouverez ces méthodes, ces légendes, ces coutumes et bien d’autres au Musée de l’Homme de Paris pour l’exposition « Naissances » depuis le 9 novembre 2005, si vous avez la chance de pouvoir vous y rendre pour visiter cette majestueuse exposition.
Pour ceux qui n’auront pas la chance de pouvoir visiter cette exposition de leurs yeux, voici le lien pour accéder à l’exposition virtuelle : http://www.mnhn.fr/naissances/ Ce qui est mieux que rien.
Sinon, nous sommes à votre disposition pour que vos questions fusent, et que les réponses de spécialistes puissent vous éclairer.