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LES TROIS VOYAGES DE JACQUES CARTIER

 

Né en 1491 à Saint Malo qui est, à cette époque, un des ports les plus importants d’Europe, Jacques Cartier est issu d’une famille de marins. Il s’engage dès son jeune âge comme mousse.
En 1520, il prend pour épouse Catherine des Granches qui est, elle aussi, issue d’une famille de navigateurs.
Il passe de l’échelon de matelot au grade de maître pilote et devient capitaine de navire au Mont Saint Michel lors d’une visite en ces lieux par François 1er. Certains historiens aiment à penser que c’est durant cette visite que le roi aurait été sollicité pour le financement des navires, notamment pour leur armement, qui doivent se lancer à la découverte du passage vers les Indes.
Jacques Cartier fera trois voyages entre 1534 et 1541.
De retour de sa dernière mission, Jacques Cartier se retire dans sa propriété. A la suite de ses exploits, il jouit d’une grande notoriété et reçoit d’illustres invités tels que Rabelais.
Il meurt à Saint Malo en 1557 suite à une épidémie de peste qui décima la région.
 

 

 Les trois voyages de Jacques Cartier

Le premier voyage
C’est le 19 mars 1534 que Jacques Cartier reçoit l’ordre de trouver un passage qui conduira à la découverte « des pays où l’on dit qu’il se doit de trouver grande quantité d’or et autres riches choses ».
Il partit de Saint Malo le 20 avril 1534 avec deux bateaux :
la Petite Hermine d’une capacité de 60 tonneaux et l’Emérillon d’une capacité de 40 tonneaux avec à leurs bords 61 hommes.
Une vingtaine de jours plus tard soit le 10 mai 1534, Jacques Cartier aborde les côtes de Terre Neuve.
Il explore le territoire qui est déjà fréquenté par les pêcheurs bretons et basques et se dirige vers le sud.

Après être arrivé à la Baie des Chaleurs le 7 juillet 1534, il rencontre les Micmacs et les premiers échanges ont lieu entre les Français et les Amérindiens.
Le 24 juillet, Jacques Cartier plante une croix de 30 pieds de haut à Gaspé pour prendre possession du territoire au nom du roi de France. Sur cette croix un blason royal est apposé avec l’écriteau « vive le Roy de France ». Il nomme cette terre « Canada » dont l’origine vient du mot iroquois « kanata » signifiant village.
Cette croix déplaît fortement à Donnacona chef des Autochtones. Pour calmer la colère du Chef amérindien, Jacques Cartier la présente comme un simple point de repère.
Le 25 juillet il quitte Gaspé et explore le golfe d’un fleuve dont il ne connaît ni le nom ni la grandeur.
Il repart vers la France alors que le fleuve n’a pas été découvert et arrive à Saint Malo le 5 septembre 1534 accompagné par les deux fils de Donnacona. C’est à ce moment que les fils du Chef amérindien lui parlent du fleuve Saint Laurent et du « royaume du Saguenay ».


Le départ de Jacques Cartier à partir de St Malo

Le second voyage
Jacques Cartier demande au roi de former une seconde expédition pour découvrir ce fleuve. Son équipage est doublé (100 hommes) et un troisième navire nommé La Grande Hermine d’une capacité de 120 tonneaux se joint aux deux premiers.
Ce second voyage débute le 19 mai 1535. Cinquante jours plus tard, le premier navire jette l’ancre sur les côtes de Terre Neuve. Le 26 juillet 1535, après la réunion des trois navires le convoi reprend l’exploration. Le 10 août, jour de la Saint Laurent, Jacques Cartier donne le nom de « Saint Laurent » à une petite baie. Les cartographes donneront ce nom au « grand fleuve de Hochelaga et chemyn de Canada », ce fleuve qui conduit vers l’intérieur du continent.
La remontée du Saint Laurent permet d’atteindre Québec. Jacques Cartier embarque alors sur le plus maniable des trois navires, l’Emérillon, pour se rendre à Hochelaga le village iroquois (actuel Montréal).
Il arrivera le 2 octobre dans ce village qui compte plus de 2000 habitants et qui est situé sur une île.
Une montagne baptisée Mont Royal domine ce lieu (qui deviendra Montréal).
Les relations avec les Iroquois s’enveniment à propos des richesses du pays. De plus, un hiver rigoureux menace les Français. Dès la mi novembre les navires sont pris par les glaces. Au mois de décembre le scorbut tue 25 marins de l’expédition.
Par manque d’équipage la Petite Hermine doit être abandonné. Jacques Cartier retourne pour la France le 6 mai 1536 et arrive à Saint Malo le 16 juillet avec une dizaine d’Iroquois à bord dont le Chef Donnacona le seul à pouvoir « conter et dire au roi ce qu’il avait vu des richesses du pays ».


Les échanges commerciaux

écoutez ici la chanson "la Grande Hermine" de Mario Brassard
Entrevue avec Mario Brassard

Le troisième voyage
Le 17 octobre 1540, le roi François 1er confie à Jacques Cartier une troisième mission : celle de retourner au Canada et d’organiser une colonisation. Jacques Cartier sera supplanté par Jean-François de La Roque de Roberval
Jacques Cartier quitte Saint Malo le 23 mai 1541 avec 5 navires et 1500 personnes. Roberval lui reste en France pour attendre des pièces d’artillerie et des marchandises.
La traversée dure plus de trois mois.
A son arrivée Jacques Cartier annonce la mort du Chef Donnacona mais prétend que les autres Iroquois ont décidé de leur plein grès de rester en France, qu’ils vivent comme des seigneurs alors que seule une fillette à survécu.
Les Français qui devaient peupler cette « Nouvelle France » s’installent le long des berges du fleuve Saint Laurent mais l’expérience est catastrophique et Jacques Cartier décide de quitter la vallée du Saint Laurent avec les survivants en juin 1542 sans l’autorisation de Roberval.
Jacques Cartier ne retournera plus jamais au Canada.
Quant à Roberval et ceux qui l’accompagnaient qui partirent de la Rochelle au mois d’avril 1536, ils durent affronter le climat, les maladies et les mauvaises relations avec les autochtones.
La colonie s’éteignit en 1543 avec quelques survivants qui furent rapatriés au printemps de la même année.


Les débuts de la colonisation

Credit illustrations : © Domaine Public - National Archives of Canada