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  Parc national du Mont Saint Bruno
27/05/04


Réserve faunique depuis 1975, officiellement parc de conservation depuis 1985, le parc national du Mont Saint Bruno représente la région naturelle des collines montérégiennes dont il fait partie au même titre que les Monts Royal, Saint Hilaire et Mégantic.
D’une superficie de 7,9 Km², le parc national du Mont Saint Bruno est fréquenté par plus de 200 000 visiteurs par an. Ce parc constitue un îlot forestier entouré d’un territoire fortement urbanisé et agricole.

Son plus haut sommet culmine à 208 m et il possède un réseau hydrographique important composé de 5 lacs et de nombreux ruisseaux.

Ce parc à une flore et une faune très riche. 37 espèces d’arbres, 50 espèces d’arbustes et environ 500 espèces de plantes herbacées se partagent le territoire selon la pente, le drainage et le type de sol.

Les arbres forment des groupements entre eux tels que l’érablière à caryer, la chênaie rouge à érable à sucre ou bien encore la prucheraie à érable à sucre.

15 espèces de poissons, 14 espèces d’amphibiens,

6 espèces de reptiles,

200 espèces d’oiseaux

et 40 espèces de mammifères vivent sur ce territoire. Voilà de quoi être surpris par cette biodiversité sur un territoire modelé par l’urbanisation.

Le Grand Pic, l’emblème du parc.
Parmi les percussionnistes qui vivent dans les forêts québécoises, le Grand Pic est sans doute le plus impressionnant.
Cet oiseau est remarquablement bien équipe pour percer le bois puisqu’il est doté d’un crâne formé d’une forte masse osseuse, de puissants muscles au niveau du cou et d’un bec très dur.
Son cerveau est entouré d’un coussin d’air qui amortit les coups violents que donne l’oiseau sur les arbres.
La langue de l’animal est pourvue de petits piquants servant à capturer les larves d’insectes et les fourmis.
Son nez est protégé par des poils qui empêchent les copeaux de bois d’entrer.
Le Grand Pic laisse des traces visibles sur les arbres infestés d’insectes de son activité d’alimentation par des trous rectangulaires sur le tronc.

Selon une étude, il affectionne particulièrement les gros arbres morts d’environ 28 cm de diamètre dont l’état de décomposition est avancé.
Les couples de Grands Pics peuvent entreprendre de creuser une vingtaine de cavités par an mais une seule sera vraiment complétée.

Ces trous permettent à d’autres oiseaux et autres mammifères de nicher, de s’abriter ou de cacher de la nourriture. On peut donc dire que le Grand Pic est une espèce clé puisqu’en creusant ses trous il permet à toute une communauté de vertébrés d’accomplir leur cycle de vie.

Le Mont Saint Bruno, un volcan ?
On a longtemps cru que le Mont St Bruno était un volcan mais il n’en est rien.
Il y a environ 120 millions d’années, le magma (roche ignée) fait son chemin et vient se loger au travers des couches de roches sédimentaires de la région sans parvenir jusqu’à la surface du sol.

Au cours des millénaires, les agents d’érosions tels que le vent, la pluie, le gel et le dégel usent les roches externes qui sont friables. Ils réussissent aussi à éroder une partie du dôme de la roche dure. Les glaciers mettent une touche finale à ce sablage gigantesque.

Au retrait des glaciers la région est abaissée sous le poids démesuré de la glace et est inondée par une mer intérieure : la mer de Champlain.
Pratiquement tout le Mont St Bruno est submergé à part quelques îles.
3000 ans plus tard, le continent se relève et la mer se retire de la région.

Les années passent et le Mont St Bruno prend peu à peu l’aspect qu’il a aujourd’hui.

Contrairement aux collines montérégiennes, le magma du volcan se fraie un chemin et parvient jusqu’à la surface du sol provoquant une éruption volcanique.

Petite histoire du Mont Saint Bruno
Il est intéressant de revenir sur l’histoire du peuplement des Amériques pour aborder l’histoire du Mont Saint Bruno. Il y a des milliers d’années, le détroit de Béring était devenu sec pendant les périodes glaciaires ce qui a permis l’arrivée des chasseurs cueilleurs d’Orient.

Ces chasseurs ont atteint la vallée du Saint Laurent où ils ont pratiqué la chasse et la cueillette.
Au cours des siècles, ces chasseurs cueilleurs ont donné naissance aux différents peuples amérindiens.

Les Iroquois, un peuple d’agriculteurs.
Il y a environ 1000 ans, les Iroquois de la vallée du Saint Laurent pratiquaient l’agriculture dont le maïs était la principale culture. Mais ils ne laissaient pas pour autant leurs activités de chasse, de pêche et de cueillette.

Ils construisaient des villages composés de longues maisons afin de pouvoir héberger tous les membres d’une même lignée.
Des petits campements étaient installés au Mont Saint Bruno pour la chasse, la cueillette ainsi que pour guetter l’ennemi qui pouvait surgir de la plaine environnante.

En 1535, les Français pénétraient le territoire des Iroquois de la vallée et 100 ans plus tard ce peuple avait disparu.
D’autres peuples amérindiens étaient venus habiter la région mais au contact des Européens, ils contractaient nombre de maladies et étaient souvent en guerre. Cela les obligeaient à se replier dans l’arrière pays.

Au 18ième siècle, la colonie française s’organisait. La Nouvelle France était divisée en seigneuries concédées aux seigneurs comme son nom l’indique.
La seigneurie de Montarville était ouverte en 1710 et incluait le Mont Saint Bruno.
Au centre de l’activité d’une seigneurie il y avait le manoir là où habitait le seigneur et le moulin à farine où tous les colons allaient faire moudre leur grain récolté sur la terre concédée par le seigneur.

A Montarville il y avait différents types de moulins actionner par la force motrice de l’eau afin d’exploiter le réseau hydrographique : un moulin à scier le bois, à tanner le cuir, à carder la laine. Tout cela représentait à cette époque une activité industrielle.
Le premier seigneur de Montarville était Pierre Boucher de Boucherville (1653-1740).
En 1829, la seigneurie était acquise par la famille Bruneau. C’est en l’honneur de cette dernière famille de seigneurs que le nom de Saint Bruno a été choisi pour la ville.

En 1897, des Montréalais créaient la Mount Bruno association. Ils acquéraient l’ancien domaine seigneurial et y construisaient de belles résidences qui existent encore aujourd’hui.

 
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