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  Parc national de Plaisance
17/05/04

Après avoir visité le plus vieux parc du Québec nous voici arrivés au plus récent, le parc national de Plaisance qui date d’à peine 2 ans.

C’est un petit parc comparé au Parc national du Mont Tremblant grand d’une surface de 1500 Km² puisque le parc national de Plaisance ne mesure que 28, 3 Km² dont 65% du territoire est un milieu humide.

Situé en plein cœur de la rivière Outaouais qui avec ses baies, petites ou grandes, enclavées et de formes différentes, marque le paysage et l’hydrographie du parc national de Plaisance qui était un lieu de prédilection pour l’agriculture depuis la colonisation jusqu’à la fin du 20ième siècle grâce à la qualité des terres des presqu’îles.

Si la rivière Outaouais nous semble tantôt une rivière et tantôt un lac ou un étang suivant l’endroit où l’on se trouve, le territoire du parc laisse peu de place à la forêt intégrale puisque ce territoire a été soumis à la coupe forestière et au défrichage à des fins agricoles.

Les parties du territoire épargnées l’ont été car elles étaient trop humides ou trop accidentées pour l’agriculture.

Les arbres de la forêt restante sont des arbres qui sont inondés une bonne partie de l’année ou qui reposent sur une nappe phréatique presque au niveau du sol.

L’érable argenté est une des espèces d’arbres que l’on retrouve en abondance dans le parc et qui est le mieux adapté au milieu.

Une espèce particulière que nous avons rencontré est le célastre grimpant ou « bourreau des arbres » qui est une liane qui entoure l’arbre et qui donne l’impression de l’étrangler.

Le mariage de la terre et de l’eau, le modelage du temps a créé un territoire riche en paysages et l’élaboration d’une mosaïque naturelle surprenante.

Petit par la surface, notamment la surface terrestre qui ne représente que 35% du territoire, le parc national de Plaisance est grand par sa richesse notamment dans le domaine de la faune puisqu’on y retrouve près de 50% de tous les vertébrés terrestres du Québec. Plus de 40 espèces de poissons y vivent et s’y reproduisent. Ce parc compte la seconde plus forte densité de colonies de castors au Québec. Plus de 70% des espèces d’oiseaux du Québec s’y retrouvent ce qui constitue un bon indicateur de la qualité des habitats. En effet, plus les habitats sont de qualité et diversifiés et plus la faune aviaire sera nombreuse. Le parc national de Plaisance présente des habitats diversifiés, des milieux humides et calmes, un climat doux ce qui représente des critères importants pour l’accueil d’espèces nicheuses ou de passage.

Le parc national de Plaisance fait partie d’un corridor de migration notamment pour la sauvagine, la bernache du Canada et quelques centaines de canards au printemps et à l’automne. Mais certains vont rester au parc tout l’été pour nicher dans les habitats qu’offrent le parc.

Outre la présence des oiseaux, les milieux humides favorisent celle des amphibiens qui sont difficiles à observer le jour mais très faciles à entendre donner leur concert sonore la nuit. Il suffit de tendre l’oreille !

Plaisance c’est aussi un lieu pour différentes espèces de tortues notamment la chelydre serpentine et la tortue peinte qui apprécient le gravier utilisé pour la construction des routes et des sentiers afin d’y pondre leurs œufs vers la mi-juin.

Les trois mammifères qui règnent en maître au parc national de Plaisance sont le castor, le rat musqué et la marmotte commune. Cette dernière sait profiter des grandes superficies de champs qui ne sont plus exploités pour y creuser ses terriers.

Le rat musqué et le castor ont construit de nombreuses huttes. Le rat musqué en a érigé environ 2000 dans les milieux humides du territoire. Le castor quant à lui construit des huttes à même la berge grâce au sol argileux du territoire contrairement à son habitude de bâtir une hutte traditionnelle émergeant de l’eau.

Souvent le castor et le rat musqué, en abondance sur ce petit territoire fréquentent les mêmes habitats. Le rat musqué utilise même parfois les huttes ou les terriers des castors.

Pour le moment, nous avons eu la chance de pouvoir observer très tôt le matin les allers et venues de Monsieur castor au lever du jour entre sa hutte, son garde manger et le reste du lac avant qu’il ne sonne l’alarme en tapant sa queue sur l’eau, puis diparaissant sous l’eau.

Monsieur castor s’arrange toujours pour construire sa hutte près de ses arbres préférés tels que le peuplier. D’ailleurs il est impressionnant de voir ce qu’il peut faire d’un gros arbre qui ne résistera pas longtemps à ces petites incisives très efficaces!

Personnellement dans ce parc, nous y avons vu des cerfs de Virginie, des dizaines de marmottes, des castors, des dizaines de bernaches du Canada qui reviennent du sud au printemps, des canards col vert, des rats musqués, des merles d’Amérique, des carouges, des traces d’orignal. Il paraîtrait, d’après plusieurs visiteurs du parc, qu’une ourse et son petit serait dans les parages ces derniers jours… A vérifier par les naturalistes.

Les milieux humides sont reconnus pour être des écosystèmes riches et diversifiés. Non seulement on y retrouve les espèces les plus vulnérables mais ces milieux humides aident à l’assainissement des territoires qui les entourent. En effet, ils aident à l’amélioration de la qualité de l’eau, ils limitent l’érosion des berges, ils libèrent de grandes quantités d’oxygène dans l’air. Mais s’ils amènent tous ces bienfaits, il ne faut pas oublier que ce sont des milieux très fragiles qui ont notamment souffert des activités humaines telles que l’exploitation forestière, industrielle et agricole.

Au parc national de Plaisance, les près et les forêts sont associés aux marais, aux marécages, aux eaux libres, aux près humides et aux herbiers du parc. Les milieux terrestres se trouvent enrichis de ces milieux humides.

Au moment où nous nous y trouvons, nous sentons que le réveil de la nature est récent et que l’hiver n’est pas si loin. Les fougères dites « fougère d’autruche ou crosse de violon » commencent à pousser. D’ici quelques semaines, elles recouvreront toute la surface de telle sorte que nous ne verrons plus le sol.

Les lacs et autres étangs seront eux aussi d’ici peu recouverts de nénuphars. Certains marais et autres marécages seront asséchés.

D’ici quelques semaines, le parc national de Plaisance revêtira son habit d’été et il ne ressemblera en rien à ce que nous avons pu observer.

 
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